GLINKA - Variations pour piano

Connu surtout comme fondateur de la musique classique russe par ses opéras et ses mélodies, Mikhaïl Ivanovitch GLINKA (1804-1857) a aussi, lors de sa courte vie, composé un nombre considérable de pièces pour piano, dont les variations présentes sur ce disque, qui témoignent d'un haut degré de raffinement et d'élégance. Evitant les démonstrations de virtuosité, ces pièces pleines de charme sont autant de promenades autour d'un thème emprunté à un compositeur de son temps.

Le pianiste Vladimir STOUPEL défend cette musique rare avec un engagement total, aidé par une technique impeccable et une riche palette expressive par lesquelles il a déjà emballé la critique à d'autres occasions. Outre les pièces de Glinka, on retrouve aussi sur ce disque des variations de LYADOV sur un thème de Glinka, ainsi que la magnifique paraphrase de BALAKIREV sur l'Alouette de Glinka.

Classique - 8/2017 - HM 98830 - 1 CD - CHF 23.50

 

Evgeny KISSIN - Beethoven

Pour son retour au disque après six ans d'absence (et à Deutsche Grammophon après vingt-cinq ans chez RCA), Evgeny Kissin a choisi de composer un double-CD de prestations de concerts, captées entre 2006 et 2016. Ainsi sont réunies les sonates 3, 14 (Clair de Lune), 23 (Appassionata), 26 (Les Adieux) et 32, plus les 32 variations en do mineur sur un thème original. Ce choix nous permet d'avoir un raccourci de l'évolution du traitement de la sonate chez Beethoven, depuis le formalisme classique jusqu'à l'éclatement de la forme, en passant par la sonate à programme.

Ayant eu à choisir parmi dix ans de concerts, inutile de préciser que ce disque reflète l'art de Kissin à son meilleur niveau. Le doigté est toujours précis, y compris dans le fortissimo (avec même parfois une certaine dureté expressive). L'équilibre et les articulations entre les nuances parfaitement maîtrisés et toujours au service du drame de l'œuvre. Et au-delà de la technique, l'art de s'abandonner à la musique pour atteindre l'ineffable. Bref, un disque magistral entre tumulte, rêverie et transcendance.

Classique - 8/2017 - PC 98847 - 2 CD - CHF 31.00

 

COUPERIN, FORQUERAY - la Chemise blanche

Si François COUPERIN est surtout connu pour ses suites pour clavecin, ses pièces de viole n'en constituent pas moins un des sommets de la musique française pour cet instrument. Les deux suites pour viole que ce disque présente, suivies d'une troisième de son contemporain Antoine FORQUERAY, lui-même un des maîtres incontestés de cet instrument, est donc une façon idéale d'aborder cette musique réputée austère de royale manière. Après tout, nous sommes à la cour de Louis XIV !

A la fois gambiste et violoncelliste, Rainer ZIPPERLING a un coup d'archet franc, lumineux et très lyrique. Soucieux de mettre en avant la mélodie et de clarifier l'harmonie, il s'écarte en cela d'un Paolo Pandolfo, au jeu plus axé sur la danse et la texture sonore. Pour cet enregistrement, il s'est entouré de la gambiste Sofia Diniz et du claveciniste Pieter-Jan Belder, et eux trois s'entendent pour faire honneur au Roi Soleil, en faisant briller ces pièces et en leur insufflant le plein de vie qu'elles méritent.

Classique - 6/2017 - pc 98294 - 1CD/SACD - CHF 25.00

 

DAVID FRAY - CHOPIN

Voici un disque pour lequel le mot rêverie semble avoir été inventé. Au programme, une majorité de nocturnes, mais aussi, quelques mazurkas, une valse, un impromptu et la polonaise-fantaisie. Et je vous propose d'entrer dans un de ces salons que fréquentaient Chopin, et où, au cœur de la nuit, il se mettait au piano et improvisait, ou jouait une de ses compositions. Nous n'avons pas la chance d'avoir pu entendre Chopin au piano, ce qui était une expérience exceptionnelle selon ses contemporains. Cependant, grâce au jeu extrêmement subtil et inspiré de David Fray, nous nous imaginons bien nous approcher de l'émotion ressentie par les chanceux présents.

Incontestablement, un des plus beaux disques sur Chopin de ces dernières années.

Classique - 2/2017 - PC 96838 - 1 CD - CHF 26.50

 

POLSKA

C'est avec le père de la musique polonaise, Karol Szymanowski (1882-1937) que débute ce disque consacré à la musique chorale de ce pays. Ses six chants de Kurpie s'inspirent du folklore dans une écriture impressionniste très colorée. Henryk Gorecki (1933-2010) lui répond avec cinq chants de la même région, mais son traitement répétitif et lancinant leur donne un caractère diamétralement opposé, quasi-hypnotique. Le catholicisme de Krzysztof Penderecki (né lui aussi en 1933) s'exprime dans deux chants sacrés où se mêlent l'extase et la ferveur. Roman Haubenstock-Ramati (1919-1994) utilise des moyens plus radicaux; son madrigal entre cris et chuchotements est une transposition audacieuse de ce genre de la Renaissance. Le programme se termine avec trois chants populaires polonais sur des thèmes de soldats de Witold Lutoslawski (1913-1994), courts et francs.

Ce voyage passionnant et varié en Pologne est interprété par l'excellent SWR Vokalensemble, une des meilleures formations européennes, dirigé par le chef Marcus Creed.

Classique - 1/2017 - PC 96174 - 1 CD - CHF 25.00

 

GESUALDO - Terzo libro di madrigali

La Compagnia del Madrigale est considérée à juste titre comme le meilleur ensemble actuel chantant le madrigal, réunissant à la perfection deux qualités primordiales pour ce genre de musique : la justesse et l'expressivité. Ils poursuivent avec ce disque l'exploration de l'œuvre de Carlo Gesualdo (1566-1613), ce prince tourmenté qui emmena la polyphonie de la Renaissance dans ses recoins les plus obscurs à force de distorsions et de dissonances, et préparant ainsi, en compagnie de Gabrieli et de Monteverdi, la révolution artistique que fut l'âge baroque.

Si ce troisième livre de madrigaux (sur les six que publia le prince-compositeur) conserve encore la grâce classique des madrigaux du XVIème siècle, Gesualdo y perfuse déjà ses venins expressifs, sans aller aussi loin que dans ses deux derniers opus. Cette alliance entre l'ancien et le moderne leur confère une mystérieuse beauté.

Classique - 10/2016 - HM 95131 - 1 CD - CHF 21.50

 

LUCAS DEBARGUE - Bach, Beethoven, Medtner

Retenez bien son nom. LUCAS DEBARGUE est incontestablement le phénomène pianistique du moment, et après écoute de son second disque (précisément : le premier en studio), il semblerait bien que ce ne soit pas un météore. Ses débuts chaotiques au piano (débuts à 11 ans, abandon de l'instrument à 17 ans, reprise à 20 ans) ne l'ont pas empêché de remporter le Prix spécial des critiques au prestigieux concours Tchaïkovski de Moscou en 2015, et d'être considéré, malgré sa quatrième place, comme le vrai vainqueur de cette compétition (sympa pour les trois autres).

Il faut bien reconnaître qu'il a tout pour lui. Toucher clair et net, vision de la ligne et de l'œuvre, sens de la construction et de la narration, sensibilité, inventivité, technique, on cherche la faille (je cherche encore) en parcourant trois siècles de musique avec Bach l'architecte, Beethoven l'inventeur et Medtner le mélancolique, un programme original à l'image du jeune prodige.

Classique - 9/2016 - AR 94987 - 1 CD - CHF 24.50

 

Concertos pour violon de PROKOFIEV par Vadim GLUZMAN

"L'œuvre que l'on ne pouvait qu'aimer [...] fut pour moi le premier Concerto pour violon (de Prokofiev). [...] Il me semble impossible que celui qui aime la musique ne puisse pas être saisi par celle-ci. L'impression qu'elle laisse est celle d'une fenêtre que l'on ouvre au printemps pour la première fois et par laquelle des sonorités vives entrent de l'extérieur." Rien à ajouter à cette citation de Sviatoslav Richter, si ce n'est que le second Concerto pour violon, composé vingt ans plus tard, en même temps que Roméo et Juliette (dont on retrouve des traits), est tout aussi fascinant.

L'interprétation est à la hauteur de ces deux chefs d'oeuvre. Sous la baguette attentive de Neeme Järvi, l'Orchestre national symphonique d'Estonie est chaleureux et précis. Au sommet de l'édifice, le talentueux Vadim Gluzman fait vibrer son Stradivarius avec lyrisme et expression, dans la tradition violonistique héritée des grands maîtres du XXème siècle.

En complément de programme, la rare sonate pour violon seul du même compositeur.

Classique - 7/2016 - HM 94279 - 1 CD/SACD - CHF 21.50

 

Les parfums, les couleurs et les sons se répondent - CHRISTIAN ERNY joue Debussy et Liszt

Pour son premier disque, le jeune pianiste de Winterthur Christian Erny a choisi un thème très poétique, titré par un vers de Baudelaire, du poème "harmonie du soir". Debussy quant à lui avait utilisé un autre vers de Baudelaire : Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir, tiré de "Correspondances", pour caractériser un de ses préludes pour piano. C'est donc Debussy et ses préludes qui forment la partie principale de ce très beau disque.

Christian Erny possède un toucher d'une délicate puissance (osons l'oxymore). Toujours solide et bien dans le clavier, il évoque avec naturel les éléments (le vent, la neige), les choses (voiles, la cathédrale engloutie) et les êtres (la fille aux cheveux de lin, danseuses de Delphes) qui constituent l'univers sensible de Debussy. Quelques pièces de Liszt viennent apporter une gravité plus hiératique à ce monde vaporeux et sensuel.

Classique - 5/2016 - PC 93367 - 1 CD - CHF 25.00

 

BACH - Passion selon Saint Jean, par René JACOBS

Monument de la musique religieuse toutes époques confondues, la Passion selon Saint Jean de Johann Sébastian Bach est restituée ici avec ferveur par un René Jacobs très inspiré. Chœurs généreux (selon le désir souvent exprimé, rarement exaucé, de Bach), solistes qui y croient, orchestre chaleureux, continuo de rêve, et un évangéliste, Werner Güra, précis et concerné, l'équipe du chef belge nous entraîne dans cette histoire connue avec une cohérence monumentale. Impossible de décrocher dès que les premières notes retentissent.

Classique - 3/2016 - HM 92685 - 2 SACD + DVD - CHF 36.00

 

Vilde FRANG - Korngold et Britten

Vilde Frang fait chanter son violon comme personne. Après quatre disques qui avaient déjà été très remarqués, nous avons craqué définitivement à l'écoute de ces deux concertos presque contemporains, qu'elle nous restitue avec un lyrisme et une clarté incomparables.

De prime abord, l'idée de rapprocher Britten et Korngold ne tombe pourtant pas sous le sens. Le plus âgé, Erich Wolfgang Korngold (1897-1957), est un digne héritier de Richard Strauss et du post-romantisme. Benjamin Britten (1913-1976) reste proche de la tonalité, mais subit l'influence de l'impressionnisme et du dodécaphonisme. Mais les points communs ne sont pas moins nombreux. Tous deux enfants prodiges, ils travailleront aux Etats-Unis, feront de la musique de film, et ils n'ont composé chacun qu'un seul concerto pour violon, que la violoniste norvégienne, le chef James Gaffigan et l'orchestre symphonique de la radio de Francfort confrontent sur ce disque intense. Au final, on pourra préférer la sensualité romantique de Korngold, ou plutôt l'inventivité dramatique de Britten, ou encore l'opposition des deux. Mais du point de vue du plaisir : ex aequo !

Classique - 3/2016 - AR 92417 - 1 CD - CHF 27.50

 

Le QUATUOR ARTEMIS joue BRAHMS

Propos d'Eckart Runge, le violoncelliste du Quatuor Artemis, à propos des quatuors 1 et 3 de Johannes Brahms : "Il y a une approche presque symphonique dans l'écriture, mais en même temps, les quatuors sont imprégnés d'un sentiment de chaleur, d'urgence, d'amitié et d'amour, entrelacé avec une beauté spirituelle, éternelle. [...] C'est de la musique qui vous embrasse."

On ne saurait mieux décrire ces œuvres subtiles, complexes, et malgré tout immédiatement attachantes, grâce au génie du Quatuor Artemis, qui sait en rendre à la fois la profondeur et la clarté, sous la lumière d'un son unique, chaleureux, scintillant, vibrant de vie.

Classique - 9/2015 - PC 90049 - 1 CD - CHF 27.50

 

TCHAIKOVSKY - LES SYMPHONIES

Le pianiste et chef d'orchestre Mikhaïl Pletnev a enregistré cette intégrale des symphonies de Tchaikovsky entre 2011 et 2014, et signe ainsi une des plus belles anthologies discographiques de ces dernières années. Conduisant l'Orchestre National de Russie avec une grande précision, évitant les tumultes qui ont pu caractériser d'autres enregistrements (de Svetlanov, notamment), il s'attache avant tout à la clarté de l'harmonisation et à la lisibilité des lignes mélodiques. La beauté des timbres de l'orchestre russe, et particulier des vents, est mise en valeur grâce à des tempi mesurés, et à la haute exigence de prise de son qui est la marque du label hollandais Pentatone. Un délice musical à savourer sans modération, et à exposer fièrement sur le podium de votre discothèque.

Classique - 9/2015 - PC 89695 - 7 CD - CHF 105.50

 

La flûte à bec virtuose - Wookcock, Baston, Dieupart, Babell

Ils s'appelaient Robert WOODCOCK, John BASTON, William BABELL et ils furent les confrères quelque peu oubliés du grand George Frideric HANDEL. Ils représentaient l'excellence de la musique pour flûte à bec en Angleterre au début du 18ème siècle. A cette époque, l'île hébergeait les meilleurs virtuoses de cet instrument. On y trouvait aussi de remarquables fabricants, comme Stanesby Père et Fils, dont la manufacture est encore aujourd'hui reconnue. Cette confluence de talents provoqua une émulation pour l'instrument, que l'on retrouva dans toutes les couches de la société anglaise de l'époque.

Le flûtiste Michael SCHNEIDER et sa Cappella Academica Frankfurt font renaître ces concertos légers et virevoltants, et nous confirment que cet instrument vaut décidément mieux que ce qu'on subit lors des spectacles de fin d'année scolaire.

Classique - 8/2015 - HM 89309 - 1 CD - CHF 28.50

 

The Tempest - Locke, Purcell, Martin, Hersant, Pécou

Un magicien maître des esprits, une île merveilleuse, des naufragés, l'amour entre deux jeunes gens, l'univers de La Tempête de Shakespeare a traversé les siècles en inspirant de nombreux musiciens. Aujourd'hui, c'est Simon-Pierre Bestion et son ensemble qui s'emparent du texte dans un projet ambitieux : parcourir l'œuvre en illustrant les scènes par des compositions baroques et contemporaines, certaines directement inspirées du texte original, d'autres pas du tout. Ainsi, la musique de scène de Matthew Locke sur le texte de Shakespeare côtoie les anthems de Henry Purcell, les Chants d'Ariel de Frank Martin alternent avec les poèmes chorals métaphysiques de Philippe Hersant, et les évocations shakespeariennes de Thierry Pécou rencontrent les danses baroques de Giovanni Battista Draghi ou un air de James Hart.

L'excellence des interprètes nous accompagne dans ce monde mystérieux, rapprochant sans peine ces trois siècles d'écart entre les compositeurs, et révélant l'extraordinaire pouvoir de ce texte à voyager dans le temps.

Classique - 6/2015 - HM 88390 - 1 CD - CHF 28.50

 

MIAH PERSSON - Sempre libera

"Je dis que rien ne m'épouvante", chante Miah Persson, reprenant un air de l'opéra Carmen. Elle n'avait probablement pas encore vu la pochette ornant son disque. Mais une fois passé l'écueil de l'emballage, l'auditeur découvre un petit bijou de récital. Sous la baguette de Daniel Harding, l'orchestre symphonique de la radio suédoise est à lui seul une raison de s'enthousiasmer. Souplesse et transparence, finesse des timbres, on est nettement au-dessus du simple accompagnement de soliste. Par-dessus, la voix de Miah Persson, claire et agile, nous offre un aperçu du répertoire de soprano colorature à travers un choix de tubes, l'air des bijoux du Faust de Gounod, O mio babbino caro, mais aussi quelques perles plus rares comme Le jour sous le soleil béni tiré de Madame Chrysanthème de Massenet. La soprano suédoise impressionne par son expressivité et son sens théâtral. Sans en faire jamais trop, et même si on ne comprend pas toujours les paroles (surtout dans les aigus, phénomène courant pour ce type de voix), on peut suivre sans peine le déroulement émotionnel du texte. A fleur de peau, capable aussi bien d'une extrême douceur que d'une rage explosive, elle et l'orchestre nous mènent par le bout du nez à travers les opéras français et italiens du XIXème siècle. Et on se laisse faire, et on en redemande !

Classique - 4/2015 - PC 88174 - 1 SACD - CHF 26.00

 

DE LALANDE : Leçons de Ténèbres

Genre spécifiquement français, les leçons de ténèbres connaissent au XVIIème et au XVIIIème siècles une grande notoriété. Il s'agit de la mise en musique des Lamentations de Jérémie, destinée au premier nocturne des offices des Ténèbres, chantés très tôt le matin des mercredi, jeudi et vendredi saints. Mais afin de permettre aux fidèles de l'entendre de manière plus confortable, on prit l'habitude sous Louis XIV de les donner le soir précédent. Genre à la fois austère (le sujet l'exige) et savant (on y décerne l'influence de l'air de cour, très orné), les leçons de ténèbres inspireront les grands compositeurs français de l'époque baroque, comme Charpentier, Couperin, Lambert ou De Brossard.

C'est à l'œuvre de Michel-Richard De Lalande que s'attellent la soprano Sophie Karthäuser et l'Ensemble Correspondance de Sébastien Daucé, qui nous en donnent une version absolument irrésistible, précédée du Miserere. Expressivité et recueillement s'allient et nous font nous glisser dans cette liturgie à la fois intime et mondaine, pendant que les bougies s'éteignent une à une.

Classique - 2/2015 - HM 87458 - 1 CD - CHF 28.50

 

J.W. HERTEL : oeuvres sacrées

Faut-il toujours être à la pointe de l'innovation pour être un bon musicien ? A l'écoute de ce disque, c'est évident que non. Et si en son temps, ce musicien a peut-être pu paraître ringard, quelle importance pour les oreilles d'aujourd'hui, tant sa musique est rayonnante.

Né cinq ans avant Josef Haydn, Johann Wilhelm Hertel (1727-1789) n'a pas connu sa renommée, ni de son vivant, encore moins dans la postérité. Alors que son jeune collègue s'engage résolument dans la voie de la nouvelle musique de son temps, Hertel navigue dans un style préclassique, écartelé entre le nouveau langage qui fait de la clarté et de l'équilibre un idéal de bon goût, et la nostalgie des formes anciennes de l'époque baroque, utilisant abondamment la figure archaïsante du cantus firmus ou la sobre émotion que procure le choral.

Jouant de ces contrastes, une unité se fait, on pourrait même dire un style propre, qui trouve sa voie dans l'alliance de l'ancien et du moderne, avec comme liant juste un talent épris de beauté, servi sur ce disque par des interprètes qui y croient, et qui en ont (du talent). A DECOUVRIR ABSOLUMENT.

Classique - 10/2014 - HM 85125 - 1 CD - CHF 32.00

 

Mendelssohn par Javier Perianes

Musique de l'intimité, les Romances sans Paroles (Lieder ohne Worte) ont été composées par Félix Mendelssohn tout au long de sa vie. Selon lui, "les paroles semblent si ambiguës, si vagues si équivoques comparées à la véritable musique, qui remplit l'âme de mille choses supérieures aux mots". La meilleure poésie ne pouvant égaler en précision le verbe musical, il crée de courtes pièces purement pianistiques qui sont des concentrés d'expressivité. Confidence, intimité, expressivité, ajoutez à cela une bonne dose de lyrisme mélodique, et vous obtenez un corpus suffisamment irrésistible pour emporter tout auditeur doté d'un minimum de réceptivité.

Encore faut-il un interprète à la hauteur de cette musique. On suit Javier Perianes depuis quelques années, ayant déjà apporté quelques superbes pièces à la discographie du label harmonia mundi. C'est évidemment l'interprète idéal : son touché extrêmement sensible, l'intelligence et l'équilibre qu'il met dans la construction de son discours ainsi que son sens du programme le désignent comme un des pianistes les plus intéressants de sa génération. Outre les Romances sans Paroles, l'artiste a la bonne idée d'inclure quelques pièces plus longues, où on décèle l'admiration que Mendelssohn rendait à deux de ses grands modèles Beethoven (les Variations sérieuses) et à Bach (Prélude et Fugue). Et le Rondo capriccioso nous emmène durant quelques minutes dans le monde féérique de l'auteur du Songe d'une Nuit d'Eté.

Classique - 9/2014 - HM 85215 - 1 CD - CHF 28.50

 

SHOSTAKOVICH - Symphonies 4, 5, 6

Ces trois symphonies illustrent bien la situation schizophrène que Shostakovich a dû endurer durant toute sa vie, naviguant à vue entre son intégrité artistique et les menaces du pouvoir soviétique. La quatrième symphonie, composée entre 1934 et 1936, fut jugée trop pessimiste, et donc anti révolutionnaire, et sa création n'eut lieu qu'en 1961. Ses dimensions colossales et son ton sardonique révèlent l'influence que la musique de Mahler exerçait alors sur Shostakovich. La cinquième, datant de 1937, représente un tour de force : s'inscrivant par prudence dans un langage plus classique hérité de Tchaïkovski, cette symphonie faite de contrastes et de tensions reçut un accueil triomphal du public, se reconnaissant probablement dans cette lutte au plus fort des purges staliniennes. D'abord méfiantes, les autorités politiques y virent au contraire les plus nobles idéaux du socialisme (comme quoi, l'interprétation musicale n'est pas une science exacte). Réhabilité, Shostakovich s'attelle deux ans plus tard à une sixième symphonie qui encore aujourd'hui divise les commentateurs. Œuvre insaisissable, elle commence par un long et magnifique largo à l'atmosphère tragique, suivi par deux courts mouvements où alternent la joie, le grotesque et le macabre. Reprenant le langage mahlérien de sa quatrième symphonie, Shostakovich semble revendiquer son inflexibilité artistique, mais sa biographie nous apprend que le combat est loin d'être fini.

La réunion de ces trois symphonies est une vraie bonne idée, qui nous immisce dans l'intimité du rapport oppressant d'un artiste et d'un pouvoir totalitaire, et l'autre bonne nouvelle est que l'intelligence et le génie parviennent à s'exprimer malgré tout. La baguette racée de Valery Gergiev manie le somptueux Mariinsky Orchestra avec une intensité jamais prise en défaut, une clarté remarquable et l'émotion à fleur de peau.

Classique - 7/2014 - AR 84175 - 2 SACD - CHF 31.00

 

Archangelo CORELLI : il maestro famosissimo di violino

Violoniste, chef d'orchestre et compositeur de génie, Archangelo Corelli (1653-1713) occupe une place dans l'histoire de la musique inversement proportionnelle à sa renommée dans le grand public actuel. Il faut dire que son œuvre, exclusivement consacrée au violon, est plutôt restreinte : un peu plus de soixante sonates et 12 concerti grossi. Mais on touche ici à la perfection du genre, aucun autre compositeur n'atteignant ce niveau de fluidité et d'équilibre, ainsi que l'exprimèrent ses admirateurs, comme Bach, Telemann, ou François Couperin notamment, qui composa en sa mémoire une sonate en trio : Le Parnasse ou l'Apothéose de Corelli.

Patrick Cohën-Akenine et son ensemble Les Folies Françoises ont composé un programme de sonates da chiesa et da camera (dont les célèbres variations sur La Follia), complété par l'hommage de Couperin cité plus haut. Le naturel de leur jeu, leur élégance sans affectation, ainsi qu'une prise de son judicieuse (dans une acoustique d'église, avec juste la réverbération qu'il faut pour donner une atmosphère de concert) nous permettent d'apprécier pleinement cette musique aux contrastes savamment dosés, des adagios concentrés aux lumineux allegri.

Classique - 5/2014 - AR 82958 - 1 CD - CHF 31.50

 

CAPPELLA MEDITERRANEA : Les Vêpres de Monteverdi

Le musicien qui monte les Vêpres de Monteverdi sait qu'il va devoir faire des choix difficiles. Œuvre non linéaire, impossible à utiliser telle quelle dans une liturgie, elle comprend deux versions différentes du Magnificat, cinq psaumes et une hymne, dans des styles d'écritures utilisant toutes les ressources anciennes et les nouveautés expressives baroques. La variété des formations instrumentales et chorales à l'intérieur de l'œuvre finissent par nous convaincre que cette pièce est une compilation destinée à illustrer l'étendue du talent du compositeur.

Face à de tels choix, Leonardo Garcia Alarcon a reconstruit le monument en incluant des antiennes pour introduire les psaumes, et explore - avec la liberté et toute la générosité qu'on lui connaît - les possibilités d'effectifs dans une optique moderne et sans complexe. Un vent de passion (ça tombe bien) souffle de bout en bout sur sa Cappella Mediterranea, chœurs, instrumentistes et solistes, cédant parfois à la suspension du recueillement. Et quand retentit l'amen, après une heure et demie qu'on n'a pas vue passer, force est de constater la réussite exemplaire de ce projet.

Classique - 4/2014 - AR 83217 - 2 CD - CHF 30.00

 

KODALY - Quatuors à cordes

Depuis Haydn et Mozart, de nombreux musiciens ont été séduit par un style hongrois qui donnait une touche exotique et populaire à leurs compositions. Mais au tout début du XXe siècle, deux amis vont aller beaucoup plus loin que leurs prédécesseurs, effectuant un véritable travail de recherche ethnomusicologique, dans le but de créer un style musical qui fasse se rencontrer la musique classique et l'authentique folklore hongrois. L'un deux, Bela Bartók, deviendra le plus célèbre représentant de la musique hongroise, encensé par la critique internationale, au point d'éclipser le talent pourtant évident de son ami Zoltan Kodaly. Plus délicate, moins radicale que celle de Bartók, la musique de Kodaly est à redécouvrir d'urgence. Le Quatuor Dante nous en donne l'occasion par une interprétation très expressive et colorée de ses quatuors à cordes.

Classique - 3/2014 - AR 82814 - 1 CD - CHF 30.00

 

SCHUMANN, SCHUBERT ET BRAHMS, par Lise Berthaud et Adam Laloum

"- Tu connais la blague des quatre altistes en train de se noyer ?
- Non, mais elle commence bien. "

Cette plaisanterie douteuse de violoniste illustre la considération dont souffre encore l'alto, pourtant un instrument que Bach affectionnait particulièrement. L'alto dut attendre les premiers romantiques pour être enfin reconnu comme un instrument suffisamment intéressant pour que l'on s'occupe à composer spécialement pour lui. Schumann et Mendelssohn lui consacrent des compositions, mais c'est avec Berlioz et Brahms qu'il gagne son autonomie.

Sur ce disque, Lise Berthaud à l'alto et Adam Laloum au piano empoignent avec beaucoup de sensibilité les Märchenbilder de Robert Schumann et la seconde sonate de l'opus 120 de Johannes Brahms. Et dans une version idéale, la très célèbre sonate arpeggione de Franz Schubert, afin de faire taire les blagues.

Classique - 2/2014 - AR 81558 - 1 CD - CHF 28.00

 

SCHUMANN par Mitsuko Uchida

Clarté, poésie et intériorité. Mitsuko Uchida joue la musique de Schumann comme si elle l'avait elle-même écrite. Sous ses doigts, les notes s'égrènent avec la confiance que confère la compréhension de l'intimité de l'auteur. Et Schumann nous apparaît en personne, complexe et attachant. Rêveur et joueur dans les Scènes de la Forêt, fougueux et passionné dans la sonate en sol mineur. Et les Chants de l'Aube, dernière pièce écrite avant sa mort, sont un testament musical, visionnaire et vibrant, qui s'éteignent dans un souffle après nous avoir fait entrevoir l'au-delà.

Classique - 8/2013 - AR 79201 - 1 CD - CHF 25.00

 

GUILLAUME DE MACHAUT : Mon chant vous envoy

"Comment est-ce possible qu'après plus de sept cents ans, ces séquences de notes conservent un tel impact ? Cela reste un mystère pour moi. Les tournures mélodiques et harmoniques sont loin des conventions de la musique classique telle qu'on la conçoit aujourd'hui, mais elles nous parlent encore plus directement et profondément."

Cette citation de Robert Sadin (compositeur et arrangeur pour Sting, Wayne Shorter, Herbie Hancock) exprime bien la fascination qu'exerce encore de nos jours la musique du plus grand poète et compositeur du XIVème siècle que fut Guillaume de Machaut. Idéalement servis par Marc et Angélique Mauillon, Vivabiancaluna Biffi et Pierre Hamon, les ballades, virelais et rondeaux de ce disque illustrent magistralement le raffinement du maître de l'Ars Nova.

Classique - 8/2013 - HM 79089 - 1 CD - CHF 26.50

 

BARTOK - Concertos pour violon, par Isabelle Faust et Daniel Harding

C'est avec une extrême attention qu'Isabelle Faust s'attaque à ce compositeur qu'elle admire. Travaillant au plus près des partitions originales annotées, elle en extrait l'esprit en y insufflant son tempérament, à la fois délicat et hardi.

Portrait d'une violoniste dont Bartók était amoureux, le premier concerto se compose de deux parties, la première d'une extrême douceur et sensibilité, la seconde contrastant par une ironie mordante. Malheureusement, cet amour n'était pas partagé, et l'œuvre ne fut créée qu'après la mort de son auteur. Il lui faudra trente ans pour accoucher d'un nouveau concerto pour violon. Celui-ci sera l'une de ses œuvres les plus célèbres. Reflet de son attachement à la tonalité (malgré l'utilisation d'une gamme dodécaphonique dans le second mouvement), de son intérêt pour les musiques populaires et son profond humanisme (il sera farouchement opposé aux fascismes des années trente), cette œuvre est tout empreinte d'un lyrisme que l'archet d'Isabelle Faust et la baguette de Daniel Harding rendent avec chaleur.

Classique - 7/2013 - AR 78676 - 1 CD - CHF 32.50

 

Anne Queffélec : SATIE et compagnie

"Cette promenade musicale dans un jardin à la française ne se veut pas un parcours raisonnable, respectant un ordre donné mais une flânerie dans un paysage riche de fantaise, de rêve, de chemins secrets, de plaisirs furtifs, de clairs-obscurs, d'émotion... Maîtres du mystère en pleine lumière, les musiciens français nous invitent à traverser les Miroirs. Sous les Reflets, les eaux sont profondes."

Classique - 5/2013 - AR 77579 - 1 CD - CHF 23.50

 

BEETHOVEN par le Quatuor Terpsycordes : Con intimissimo sentimento

Les deux quatuors figurant sur ce disque se situent aux antipodes de la création de Beethoven, mais tous deux démontrent à la fois un goût pour la transgression des formes, ainsi qu'ils comportent un élément intime de la vie du compositeur. Ce lien à 25 ans de distance permet au Quatuor Terpsycordes de les proposer côte à côte, révélant les contrastes géniaux de ces partitions. Tour à tour joueurs, impérieux, graves ou douloureux, les quatre interprètes s'engagent dans une lecture d'une grande subtilité, qui réserve à chaque écoute de nouvelles découvertes. A cela s'ajoute le beau son des instruments du luthier français Vuillaume qui au XIXème siècle ressuscitait les grands instruments des siècles précédents.

Classique - 3/2013 - AR 75908 - 1 CD - CHF 27.00

 

Jonas Kaufmann - WAGNER

De Rienzi à Siegfried, des Meistersinger aux Wesendonck-Lieder, Jonas Kaufmann a choisi de présenter Wagner d'une manière très large, incluant le style italien de ses débuts et le récitatif le plus expressif de ses opéras de la maturité.

Le résultat est largement à la hauteur de nos attentes, et confirme ce que l'on savait déjà, que Jonas Kaufmann est un des grands ténors de sa génération, le seul possédant une voix alliant profondeur et clarté. Rares sont les chanteurs actuels pouvant couvrir avec une telle aisance une tessiture de cette ampleur, et étant capables de faire vibrer les fortissimos aigus autant que les pianissimos les plus chuchotés. Au-delà de la technique, Jonas Kaufmann (ainsi que Donald Runnicles à la tête de l'opéra de Berlin) transmet le texte avec conviction et une juste intensité.

Un disque qui apporte vraiment quelque chose à la discographie Wagner.

Classique - 2/2013 - AR 75836 - 1 CD - CHF 25.00

 

GESUALDO : sesto libro di Madrigali

1611 : la Renaissance brille de ses derniers feux polyphoniques, et l'ère baroque a déjà commencé à colorer ses poèmes d'une teinte de passion. C'est aussi l'année où Gesualdo nous livre son sixième et dernier recueil de madrigaux, testament musical qui sonne comme l'apothéose d'une vie de recherche au service du contrepoint. D'une incroyable complexité, ces pièces ne cessent de nous dérouter, s'obstinant à prendre à tout moment des virages inattendus. Mais tout ceci est très calculé, le musicien assassin (allez voir sur wikipedia) sachant parfaitement faire saigner les mots de ses textes, et frissonner l'auditoire par une dissonance stupéfiante.

La prise de son très sobre, alliée à l'interprétation précise et engagée de la Compagnia del Madrigale nous permet d'apprécier toutes les subtilités de ces intemporelles architectures sonores.

Classique - 2/2013 - AR 75628 - 1 CD - CHF 25.00

 

TCHAIKOVSKY : symphonie 2

Sous les tsars, l'Ukraine portait l'appellation de Petite Russie, et l'utilisation par Tchaikovsky d'airs populaires ukrainiens a donné son nom à sa deuxième symphonie. Applaudie à la fois par le grand public dès sa création, mais aussi par les compositeurs anti-académiques du groupe des Cinq, elle incarne la nouvelle musique russe de cette seconde moitié du XIXème siècle qui cherche à s'affranchir des influences occidentales. Mikhail Pletnev et son Orchestre National de Russie termine ainsi sa remarquable intégrale des symphonies de Tchaikovsky, mariant le naturalisme des airs folkloriques avec une puissance expressive rarement atteinte. Un grand moment de passion slave.

Classique - 11/2012 - AR 72099 - 1 SACD - CHF 30.50

 

Johann Christoph Bach : Arie variate & Lamenti

"Voici le grand et expressif compositeur" ... "un organiste absolument miraculeux" ... "Pachelbel le portait au-dessus d'un millier d'autres"

Ces citations disent assez quelle considération Johann Christoph Bach (un oncle de Johann Sebastian) suscitait chez ses contemporains. Malheureusement, la quasi totalité de ses oeuvres ont disparu, et lui-même a peu à peu été oublié. Merci donc à Mario Martinoli de nous le faire redécouvrir à travers trois pièces avec variations pour clavecin, et deux lamenti pour voix solo, violon solo et violes de gambe. Les variations, précédées de très beaux thèmes, évoluent d'abord sans avoir l'air d'y toucher, puis le mouvement d'accentue, en passant par une variation chromatique audacieuse, témoin d'une maîtrise technique qui s'impose avec naturel et légèreté. Les lamentis révèlent un talent expressif qui annonce déjà les cantates à une voix de son illustre neveu.

Classique - 10/2012 - HM 73327 - 1 CD - CHF 30.50

 

Khatia Buniatishvili joue Chopin

On l'attendait au tournant. Après un premier disque époustouflant consacré à Liszt (voir nos anciens coups-de-coeur), on pouvait craindre que l'étoile file, comme tant d'autres jeunes talents trop tôt présentés comme de futurs Rubinstein. Il semblerait que Khatia Buniatishvili soit d'une autre trempe. Tantôt fougueuse, tantôt mystérieuse, elle excelle dans les contrastes des pièces choisies pour ce disque, notamment sur la deuxième sonate et la quatrième ballade. Le concerto pour piano en fa mineur est abordé avec une grande franchise, aidé par la baguette de Paavo Järvi. Auparavant, elle ouvrait son programme avec les arpèges de la valse en do dièse mineur. Et elle nous quitte sur la pointe des pieds avec la mazurka en la mineur, infiniment nostalgique. Un disque brillant sans esbrouffe.

Classique - 8/2012 - PC 72465 - 1 CD - CHF 13.00

 

Schubert : les trois derniers quatuors à cordes

Dès les premiers accords, nous sommes prévenus : ce Schubert-là n'est pas un doux rêveur. Plus proche de Beethoven que de Chopin, son sens du tragique s'exprime par des tempêtes, des brusques emportements, mais aussi des langueurs et des caresses. Cet art du contraste est parfaitement dosé par le Quatuor Artémis, dont le son si clair est capable des plus audacieux changements d'atmosphère, construisant malgré ces écueils un discours d'une parfaite cohérence.

Dans La jeune Fille et la Mort, Schubert crée une dramaturgie autour du thème de son Lied éponyme, et convoque le destin, la fatalité mais aussi une certaine aspiration au repos en guise de contrepoint. Le quatuor Rosamunde est tout empreint de sentiment (mais non de sentimentalisme); l'évidence de ses mélodies en fait une des oeuvres les plus populaires du compositeur. Quant au quatuor en sol majeur, le dernier que Schubert ait composé, ses dimensions (plus de cinquante minutes) mais aussi son expressivité exceptionnelle en font une quasi-symphonie pour quatuor à cordes.

Classique - 6/2012 - - 2 CD - CHF 29.00

 

La Leona : Grondona plays Arcas

Un compositeur du XIXème + une guitare mythique de 1856 + un guitariste du XXIème siècle. Ce disque est l'aboutissement d'une rencontre exceptionnelle. Julian Arcas (1832 - 1882) subjugua l'Europe par ses compositions lors de concerts où le public découvrait à la fois l'Espagne, une virtuosité hors du commun et une délicatesse pleine d'inventivité (cela ne vous rappelle pas un autre expatrié ? Mais si, Chopin bien sûr, qui fit découvrir la Pologne musicale de la même manière).

Sortant des ateliers du père de la guitare moderne, Antonio de Torres, La Leone, cet instrument au son miraculeux, ne fut confiée par son créateur qu'à Julian Arcas, seul interprète à ses yeux digne de la jouer. Aujourd'hui, Stefano Grondona empoigne cette vénérable vieille dame, qui n'a pas pris une ride, et nous offre un récital de rêve. "De toute première Classe", comme Andres Segovia qualifiait son élève Grondona.

Classique - 6/2012 - PC 71064 - 1 CD - CHF 33.00

 

REQUIEM de Févin/Divitis, par l'Ensemble Organum

Un requiem et deux compositeurs ? Se seraient-ils partagé le travail ? L'explication, plus conforme au contexte du XVème siècle, vient du nombre très restreint (cinq) de copies retrouvées de ce requiem. Deux indiquent Antoine de Févin, une autre Anthonius Divitis, et les deux dernières ne mentionnent aucun nom de compositeur. Qu'importe ! Ce qui est certain, c'est la beauté de la partition, qui sait marier la grande polyphonie franco-flamande et la clarté des lignes de plain-chant sans que celles-ci disparaissent dans celles-là.

Mais la réussite la plus spectaculaire de ce disque est l'interprétation très engagée de l'ensemble Organum. Voici trente ans que Marcel Pérès et sa bande bousculent le répertoire ancien, en le confrontant à des techniques vocales encore pratiquées dans des régions qui ont entretenu les traditions musicales du Moyen Âge.

Classique - 3/2012 - HM 69306 - 1 CD - CHF 28.50

 

Domenico GABRIELLI - La Nascita del Violoncello

Pour connaître la vraie nature des choses, il faut remonter à leur naissance. C'est du moins l'avis de Bruno Cocset qui depuis des années étudie les origines de son instrument. Et nous remontons avec lui à la fin du XVIIème siècle pour découvrir les toutes premières pièces écrites nominativement pour le violoncelle, par Domenico Gabrielli et son élève Giuseppe Jacchini. Jouant sur différents instruments, Bruno Cocset cherche à capter ce moment émouvant de la naissance, en utilisant divers instruments, soit ancêtres disparus du violoncelle (ténor de violon ou alto a la bastarda), ou violoncelle de facture ancienne.

Ce disque s'apprécie ainsi de quatre manières, toutes aussi bien rendues les unes que les autres. Tout d'abord par l'élégance de ces compositions peu jouées (et encore moins enregistrées), puis par la diversité et la beauté des sonorités des instruments utilisés (accompagnés parfois par un orgue ou un second instrument à cordes). L'interprétation de Bruno Cocset est un motif à lui seul de succomber à ces beautés baroques. Enfin, le livre accompagnant ce disque constitue une approche musicologique claire et concise, enrichie d'une très belle collection de photographies des instruments.

Classique - 1/2012 - AR 68225 - 1 CD + LIVRE - actuellement indisponible - CHF 0.00

 

Rhapsody in Blue et West Side Story par Katia et Marielle Labèque

C'est à la demande de Leonard Bernstein lui-même que l'orchestrateur Irwin Kostal arrangea à l'intention de Katia et Marielle Labèque une version pour deux pianos de West Side Story. Vingt-deux ans après une première version chez Sony, elles reprennent cette oeuvre sur leur propre label. Ainsi, jouissant d'une totale liberté, et le temps ayant fait son travail de maturation, les deux soeurs nous en offrent une interprétation stupéfiante.

Classique - 9/2011 - AR 64024 - 1 CD - CHF 29.50

 

Khatia Buniatishvili joue Liszt

Premier disque solo très impressionnant pour cette jeune pianiste georgienne. Virtuose sans faille, elle empoigne à vingt-quatre ans ces pages contrastées (Liebestraum, Mephisto Valse, la lugubre Gondole, la sonate, etc.) avec une assurance digne d'un Horowitz ou d'une Martha Argerich. Celle-ci l'a d'ailleurs remarquée, et l'invite depuis plusieurs années à son festival de Lugano.

Un tel talent allié à un tempérament bien trempé, les ingrédients sont réunis pour lui prédire une belle carrière.

Classique - 5/2011 - AR 62736 - 1 CD + DVD - CHF 13.00

 

MAHLER : symphonies 1-10 par David Zinman

Du grand Mahler ! Cette intégrale des symphonies fera date dans l'Histoire du disque. Dynamisme, transparence, conduite des lignes, Zinman mène son Orchestre de la Tonhalle de Zürich avec le tempérament d’un visionnaire et d’un esthète. Mais c'est aussi un architecte, qui garde toujours la vision d'ensemble de cette oeuvre immense. Une prise de son particulièrement soignée parachève ce monument.

Les différentes symphonies sont aussi disponibles en version séparée.

Classique - 4/2011 - Actuellement indisponible - 15 CD/SACD + 1 DVD - CHF 0.00

 

Bach : Oratorios de Pâques et de l'Ascension

L'ensemble choeur et orchestre londonien Retrospect émet une énergie peu commune. Empoignant avec détermination ces deux oratorios de Jean-Sebastien Bach, il nous en livre une version brillante et fougueuse, richement dotée d'un orchestre de 26 musiciens aux sonorités chatoyantes. N'hésitant pas à l'occasion à bousculer certaines vocalises pour les booster en expressivité (le choeur Kommt, eilet und laufet), il sait aussi se faire orfèvre quand l'intention est à la retenue, sans jamais perdre de vue la ligne générale de l'oeuvre. Au final, voici un disque dont on a du mal à se passer. Ce n'est que la deuxième année d'existence de cette formation, mais il n'y a certainement pas lieu de s'inquiéter pour leur avenir.

Classique - 3/2011 - AR 62065 - 1 CD/SACD - CHF 32.00

 

Requiem de Victoria

Composée à l'occasion des funérailles à Madrid de l'Impératrice Marie d'Autriche en 1603, cette messe des morts représente les derniers feux de la polyphonie héritée de la Renaissance. A la même époque, Monterverdi en Italie créait les premiers opéras, et la musique occidentale ne sera plus jamais la même, dévorée par les contrastes et les passions baroques.
Point d'excès dans ce Requiem. Tomas Luis de Victoria use avec parcimonie des dissonances, ce qui les fait d'autant plus ressortir, et l'alternance du chant grégorien, qui parle à l'âme, et de l'écriture polyphonique, qui parle aux sens, suffit à conférer une architecture équilibrée à son oeuvre. Toujours près du texte, sa musique est un modèle de pureté et de naturel, fidèle en cela à son maître le grand Palestrina.

Classique - 3/2011 - AR 62070 - 1 CD - CHF 28.00

 

Beethoven : symphonies 4 et 6

Il est facile de passer à côté d'une ixième version des symphonies de Beethoven. Il serait très dommage de manquer celle-ci ! L'orchestre du Festival de Budapest et son chef Ivan Fischer sont curieux, ils testent, expérimentent, découvrent. Ainsi, nous entendons la quatrième symphonie dotée de cors naturels et trompettes, et la sixième enregistrée dans une disposition d'orchestre inédite, les instruments à vents en immersion parmi les cordes. A la recherche du caractère propre de ces deux symphonies, ils extraient toute la charge émotionnelle de la quatrième, avec son incroyable introduction très sombre, qui éclate comme une explosion de vie, d'amour, de plaisir. La sixième, au-delà du pur caractère descriptif de la vie à la campagne, s'entend ici comme une déclaration d'amour plutôt intime à la nature. Eh oui, c'est toujours l'Amour, avec Beethoven !

Classique - 1/2011 - AR 60921 - 1 CD/SACD - CHF 33.50

 

Quatuors à cordes : Debussy, Dutilleux, Ravel

Lorsqu’un quatuor à cordes d’exception rencontre trois chefs-d’œuvre de la musique de chambre du 20ème siècle, cela peut donner un disque incontournable, et en effet le voici. Le programme regroupe trois œuvres uniques dans l’univers musical de ces compositeurs. Aussi bien Debussy, Dutilleux que Ravel n’ont abordé le quatuor à cordes qu’une seule fois dans leur carrière. Ce qui ne les a pas empêché de devenir dans chacun des cas une des pièces maîtresses de leur répertoire.

Alors, êtes-vous partant pour les jeux de masques de Debussy, l’éloge de la clarté de Ravel et les mystérieuses constellations de Dutilleux ? A ce niveau de qualité, qui ne le serait pas ?

Classique - 8/2010 - AR 58156 - 1 CD - CHF 23.50

 

Puer natus est - musique au temps des Tudor

La musique anglaise sous les règnes d'Henry VIII à Elisabeth I constitue un sommet de l'art de la polyphonie de la Renaissance. Ce disque consacré au répertoire de Noël le confirme s'il en était besoin, grâce au talent de l'ensemble vocal Stile Antico, parfait en justesse, raffiné dans les nuances, riche en couleurs. Le programme est constitué de la messe de minuit Puer natus est de Thomas Tallis, chef-d'oeuvre monumental et vertigineux, autour de laquelle sont incorporés des graduels de William Byrd, son flamboyant élève et successeur à la chapelle royale, et de motets de John Taverner, émouvants par leur lyrisme angélique, de Robert White qui à l'opposé construit un Magnificat extraordinairement riche et inventif. John Sheppard enfin clôt ce programme par une oeuvre généreuse et sensuelle, illustrant parfaitement son titre Verbum caro - le verbe s'est fait chair.

Classique - 8/2010 - AR 58272 - 1 CD/SACD - CHF 32.00

 

Schubert : intégrale des oeuvres pour violon et piano

Schubert avait à peine dix-neuf ans lorsqu’il composa ses trois premières sonates. Si la une est directement inspirée par Mozart, les deuxième et troisième affichent un éloignement du modèle classique, et l’on voit le compositeur Schubert pointer son petit nez de romantique. Par d’inattendus changements d’humeur, il se montre prêt à s’enflammer hors de la mesure qui était de mise jusque-là. Il s’affranchit ainsi de l’étreinte de ses maîtres, et révèlera dès lors sa personnalité si attachante. Dans la fantaisie et dans le rondo, on y retrouve toute la palette qui est la sienne : danse, intimité, rayons de soleil et brusques angoisses.

Au piano, Martin Helmchen est toujours aussi élégant et raffiné, et le violon de Julia Fischer capte la plus fine émotion avec justesse. En complément de programme nous est offerte la fantaisie en fa mineur pour piano à quatre mains, ce qui nous permet de découvrir que la violoniste maîtrise aussi le clavier avec talent.

Classique - 6/2010 - AR 85661 - 2 CD/SACD - CHF 30.50

 

Haydn : 12 London symphonies par Marc Minkowski

Un pur bonheur que ce coffret de quatre disques des symphonies londoniennes de Joseph Haydn, enregistrés en concert au Wiener Konzerthaus. Fidèle à la ligne qu’il se trace depuis de nombreuses années, Marc Minkowski dirige ces compositions (qui représentent rien moins que le testament symphonique du grand Haydn) comme si personne ne l’avait fait avant lui : frais, jeune, audacieux, enthousiaste. C’est à la fois impressionnant d’équilibre, de respiration, d’humour et de finesse, toutes ces qualités que l’on aime retrouver dans Haydn, mais aussi d’une amplitude et d’une richesse de timbres qui préfigure Beethoven, aidé en cela par une phalange orchestrale sur instruments anciens qui évite toute sécheresse. Bref, quatre heures de musique pour un effet antidépresseur garanti !

Classique - 4/2010 - AR 56657 - épuisé - CHF 61.00

 

ROSE TRES BELE - Chansons et polyphonies des Dames trouvères

Trois voix féminines, une flûte, une vièle à archet, une harpe et des percussions. Cela suffit pour donner vie à un des plus beaux disques sur la musique médiévale profane entendus depuis longtemps. Antoine Guerber et son ensemble Diabolus in Musica ne sont certes pas des novices en la matière. Leur profonde passion pour ce répertoire s’entend dès les premières notes. Cela s’exprime par une fluidité, un naturel qui dénote une aisance aussi bien dans la conduite du texte que dans l’accompagnement instrumental, ni économe, ni envahissant. Ce parfait équilibre nous touche comme si cette musique bientôt millénaire n’avait jamais cessé de nous accompagner, et redonne une nouvelle jeunesse à ces poèmes féminins tantôt raffinés (Onques n’amai), tantôt délicatement naïfs (Diex comment pourrai savoir), ou franchement libertins (Soufres, maris).

Classique - 4/2010 - AR 56104 - 1 CD - CHF 32.50

 

PraeBACHtorius - Huelgas Ensemble

Au début du 16ème siècle, Martin Luther créait le choral, chant liturgique simple destiné à être entonné en choeur par les fidèles pendant l'office. Deux siècles plus tard, Bach devait porter ce genre à son plus haut degré de sophistication. Entre les deux, Michael Praetorius (1571-1621) est encore dans la mouvance du militantisme luthérien, mais déjà ses adaptations de chorals se développent dans un style plus libre et virtuose, et se rapprochent parfois de l'écriture polyphonique du motet.

Paul van Nevel et le Huelgas Ensemble ont bien compris cette filiation. Comme à leur habitude, ils ont composé un programme hors norme. Nous découvrons huit chorals et leurs adaptations alternativement de Praetorius et Bach. Construit comme une suite de thème et variations, ce disque nous permet de découvrir à la fois la simplicité et les extraordinaires possibilités d'harmonisation de ce répertoire beaucoup plus riche qu'il n'y paraît.

Classique - 3/2010 - AR 56028 - 1 CD - CHF 33.00

 

Weill : das berliner Requiem (+ Stravinsky, Hindemith, Milhaud)

« Assez de nuages ! » criait Cocteau en 1926. Ce disque passionnant réunit six pièces qui illustrent différentes voies explorées par la jeune génération du début du 20ème siècle.

En ouverture, le berliner Requiem de Kurt Weill s’inspire du cabaret et du jazz. Œuvre à la fois puissante et touchante, elle est servie à la perfection par les voix du Flemish Radio Choir, l’ensemble I Solisti del Vento, sous la direction claire et précise de Paul Hillier.
Stravinsky, avec son Octuor pour instruments à vent, se base sur une forme classique pour revendiquer une écriture objective, en refusant toute forme de sentimentalité. Hindemith s’intéresse au musicien amateur. Sa préoccupation de simplification du style et de clarté de la texture se retrouve dans sa belle pièce chorale der Tod. Prolifique et variée, l’œuvre de Milhaud se veut directe et franche, loin de tout expressionnisme trop engagé. Ecrites en 1937 et 1940, ses Cantate de la Guerre et Cantate de la Paix sont les plus tardives de ce disque. Si l’on ajoute que les textes chantés sont de Brecht, Hölderlin et Claudel, nous n’aurons plus de doute quant à la haute tenue artistique de ce disque stimulant.

Classique - 1/2010 - AR 54712 - 1 CD/SACD - CHF 30.00

 

Schubert : musique pour violon et piano par Julia Fischer et Martin Helmchen

Schubert avait à peine dix-neuf ans lorsqu’il composa ces trois sonates. Si la première est directement inspirée par Mozart, les deuxième et troisième affichent un éloignement du modèle classique, et l’on voit le compositeur Schubert pointer son petit nez de romantique. Par d’inattendus changements d’humeur, il se montre prêt à s’enflammer hors de la mesure qui était de mise jusque-là. Il s’affranchit ainsi de l’étreinte de ses maîtres, et révèlera dès lors sa personnalité si attachante.

A vingt-six ans, Julia Fischer n’a déjà plus rien à prouver. Ses précédents enregistrements dénotent un talent hors du commun et la placent déjà au niveau des plus grands violonistes du siècle dernier. Alliée à un pianiste tout en souplesse, elle parvient, sans esbroufe ni effet, à nous convaincre que son interprétation nous emballera encore longtemps, tant elle sait tirer des trésors de musicalité de la moindre phrase. Faut-il en rajouter ? Non, écoutez, plutôt.

Classique - 9/2009 - épuisé, mais trouvable réuni avec le vol. 2 - 1 CD/SACD - CHF 0.00

 

Martinu : Trios avec piano

Comme celle de Mozart et de Prokofiev, la musique de Martinu est résolument positive. Préférant les libertés de l’inspiration aux constructions savantes, il nous entraîne sans mal sur les chemins de la modulation audacieuse, nous promenant ainsi dans un étonnant labyrinthe harmonique.

Formé à l’école tchèque, il vivra dix-sept à Paris par passion pour la musique française, celle de Debussy et de Roussel en particulier. Ce double héritage lui donne un ton très personnel, à la fois raffiné et populaire, bien illustré par sa musique pour piano, violon et violoncelle, dont ce disque nous présente l’intégralité (trois trios et Bergerettes), interprété par la nouvelle et brillante génération des musiciens tchèques, le Kinsky Trio Prague.

Classique - 7/2009 - AR 51752 - 1 CD/SACD - CHF 30.00

 

Roland de Lassus : Magnum Opus Musicum

Les génies sont souvent des personnages ambigus. Ainsi, le visage grave et un peu mélancolique qui figure sur la pochette de ce disque ne nous restitue pas toutes les facettes de Roland de Lassus. En écoutant sa musique, et en lisant ses lettres, dont on trouve des extraits sur le livret, on découvre un homme drôle, bon vivant, exubérant et pratiquant volontiers un humour rabelaisien. Mais on y découvre aussi un hypocondriaque en quête de spiritualité.

Et surtout un joueur, avec les mots, avec les notes. Capable d’épeler lettre à lettre un texte éploré, sur un rythme léger. Et sur les paroles de « quot quot sunt homines », on peut entendre arriver les poules !

Les 23 pièces interprétées représentent un large éventail des humeurs du compositeur. Sous la direction de Jean Tubéry, l'ensemble La Fenice et le Choeur de Chambre de Namur nous les restituent avec beaucoup d'élégance et de finesse.

Classique - 5/2009 - AR 50617 - 1 CD - CHF 32.50

 

Schubert : die schöne Müllerin, par Matthias Goerne

Un choc ! On croit se lancer dans un voyage doux-amer au pays du romantisme allemand, on s’attend à des émotions connues et confortables, et on se retrouve aux prises avec des abîmes existentiels. Le pianiste Christoph Eschenbach et le baryton Matthias Goerne recréent ce cycle de lieder en faisant table rase de toute référence antérieure. Leur parfaite entente musicale s’exprime par une vision originale de l’œuvre qui restitue toute la profondeur souvent sous-estimée de la poésie de Wilhelm Müller, et la subtilité extrême de la musique de Schubert. Par leur art du tempo radical et de la suspension du temps, cette histoire d’ « amour à mort » prend des dimensions cosmiques. Une version bouleversante, pour qui ne craint pas le vertige.

Classique - 4/2009 - 50624 - 1 CD - CHF 23.50

 

Bach : sonates par Bruno Cocset

Ce disque ne plaira pas aux puristes. Voici les sonates pour violoncelle de Bach jouées sur des instruments antérieurs d’un siècle à leur composition. A ceux-là, on peut rétorquer que Bach transcrivait volontiers ses propres pièces (et celles des autres) pour des formations différentes, ou que ces instruments ont sûrement été utilisés pendant plusieurs décennies. Mais nul besoin de ces arguties pour savourer l’interprétation idéale de Bruno Cocset, son sens du phrasé et de la respiration. Les instruments « alla bastarda » utilisés possèdent la souplesse et la nervosité nécessaires pour rendre le dynamisme et le lyrisme de cette musique divinement inspirée. Les trois sonates sont entourées de deux trios et quatre chorals, pour un programme savamment construit.

Classique - 3/2009 - AR 49830 - 1 CD - CHF 32.00

 

Stephen Hough in recital

Pianiste phare de la scène classique actuelle, Stephen Hough nous livre ici un récital (enregistré en studio) qui illustre parfaitement ses qualités exceptionnelles. Le disque commence par des variations de Mendelssohn, alertes et directes, puis attaque sans crainte l’opus 111 de Beethoven, monument pianistique, qui est approché sous un angle plutôt apaisé. Le programme se décline ensuite sur le thème de la valse, de Weber à Liszt en passant par Chopin, Saint-Saëns, Chabrier, Debussy. Parfaitement construit, on pourrait écouter ce disque comme une grande œuvre, d’autant plus que le pianiste est d’une clarté et d’une lisibilité constante. Jamais de pathos excessif, un équilibre et une classe qui rappelle la noblesse d’un Rubinstein. Le récital parfait !

Classique - 3/2009 - AR 49633 - 1 CD - CHF 25.00

 

Olivier Cavé : sonates de Scarlatti

Le lien entre le pianiste valaisan et le compositeur né la même année que Bach et Haendel, c’est Naples. Ville de naissance de Scarlatti et de la mère du pianiste, celui-ci y passa toutes les vacances de son enfance.
Très tôt attiré par ces sonates, le jeune homme reçu le conseil de son professeur, la pianiste Maria Tipo : " Tu es napolitain. Ecoute ce que tu as en toi, et joue !" Leçon bien comprise, par ce disque aérien où Olivier Cavé nous montre un Scarlatti désarmant de naturel et de fraîcheur. Et nous fait rêver à cette Naples du XVIIème siècle, traversée par un souffle léger, délicat, sensible et vivifiant.

Classique - 11/2008 - AR 48031 - 1 CD - CHF 25.00

 

Hessenberg - Larsson - Messiaen

Trois compositeurs nés en 1908, un allemand, un suédois et un français, trois oeuvres conçues dans les années 1930, donc oeuvres de jeunesse (les compositeurs ont cette chance d'être jeunes jusqu'à cinquante ans), pour un programme remarquable qui, de la suite figurative d'Hessenberg toute en délicatesse, creuse son sillon jusqu'à la plus extatique spiritualité de l'Ascension de Messiaen. Entre les deux, le très mozartien concerto pour saxophone de Larsson.

Classique - 9/2008 - AR 46558 - 1 CD - CHF 25.00

 

Haydn par le quatuor Modigliani

Le tout jeune quatuor Modigliani promet ! A l'heure où le quatuor Alban Berg pose ses archets pour une retraite bien méritée, voici une relève qui pointe le bout de son nez. Tant de maîtrise, un son si affirmé serait plutôt la marque d'un ensemble qui roule sa bosse depuis des lustres. Or le quatuor Modigliani n'a que cinq ans d'existence, ce disque est leur deuxième.

Classique - 6/2008 - AR 44741 - 1 CD - CHF 28.50

 

Haendel : Water Music

Encore une version de la Water Music ? Est-ce bien nécessaire ? Eh bien oui, quand l'interprétation est de ce calibre ! La perfection n'existe pas en musique, dit-on. Cela semble une évidence, et pourtant, après avoir écouté ce disque, on se demande comment entendre une autre version désormais. Les Violons du Roy et leur chef Bernard Labadie, sans esbrouffe et en toute simplicité, se contentent du plaisir que cette musique est capable d'apporter.

Et on redécouvre les charmes de ces pièces populaires certes, mais écrites à l'intention d'un roi. Pour un roi pas spécialement mélomane, mais qui fit rejouer deux fois l'oeuvre lors de sa promenade sur la Tamise. On envie les rameurs...

Classique - 4/2008 - AR 43946 - 1 CD - CHF 28.50

 

Scarlatti : concertos pour flûte

Surtout célébré pour sa musique vocale, Alessandro Scarlatti n'en passa pas moins les dernières années de sa vie à la composition instrumentale. Oeuvres de maturité, les concertos/sonates pour flûte sont bien le reflet de la perfection mélodique et harmonique que ses contemporains lui reconnaissaient. Musique savante et sensuelle, ses fugues sont au niveau du grand Bach, tandis que ses allegros reflètent le raffinement italien.

L'ensemble Les Boréades de Montréal, mené par la flûte de Francis Colpron, aime les bonnes choses (Francis est un grand amateur de whisky écossais), il se délecte, et nous avec, de cette musique sublime.

Classique - 4/2008 - AR 43945 - 1 CD - CHF 29.00

 

James Bowman & Daniel Taylor - Here let my life

Andreas Scholl vous a fait frissonner ? Vous vous pâmez sur les vocalises de Jaroussky ? Vous soupirez parfois : « Mon Dieu, que c’est beau, une voix de contre-ténor » ? Alors vous pensez … deux !

« Sound the Trumpet », voici que nous revient James Bowman, en compagnie du jeune et déjà confirmé Daniel Taylor, pour un programme d’airs et duos de Purcell. Toujours aussi élégant, son chant extrêmement sensible a trouvé là un partenaire idéal.

« Music for a While » : ensemble ou à tour de rôle, ils nous murmurent avec délice la musique, l’amour, la mort.

Classique - 2/2008 - AR 42647 - 1 CD - CHF 24.00

 

HEINER GOEBBELS : Paysage avec parents éloignés

Œuvre mosaïque, ou kaléidoscopique, cette œuvre de Heiner Goebbels est plus une musique de scène qu’un opéra, tant les conventions propres à celui-ci sont ignorées. Nous songeons aux Tableaux d’une Exposition de Moussorgsky, revus par un esprit du XXIème siècle. Ainsi, le choix des textes reflète-t-il les préoccupations d’aujourd’hui : la science, la violence, le mysticisme, la mondialisation, mais traités par des auteurs du passé.
Nous sommes donc conviés à déambuler dans ce musée sonore et littéraire.

Classique - 11/2007 - AR 41455 - 1 CD - CHF 31.00

 

Heinavanker

Cette musique, d'une extrême richesse, prend sa source dans les mythes ayant précédé la christianisation tardive du pays ; elle est liée à la nature primitive par ce qu'elle a de plus profond.

Ce programme est parsemé de pièces de Johannes Ockeghem, dont la polyphonie raffinée met d’autant en relief les charmes envoûtants des pièces estoniennes.

Classique - 9/2007 - AR 39625 - 1 CD - CHF 32.00

 

Schmelzer : sonatae a violino solo

Schmelzer fut un violoniste réputé dans toute l’Europe, et ses compositions ont révolutionné les techniques du violon, tout en lui ouvrant de nouveaux horizons d’expressions.

« L’ivresse est là, palpitant sur le papier, au violoniste d’en restituer les visions au jardin de ses rêveries. » Pari gagné pour Hélène Schmitt, dont l’archet virtuose, sensible et plein de vie tantôt bouscule, tantôt caresse ces séduisantes compositions.

Classique - 7/2007 - AR 38572 - 1 CD - CHF 32.50

 

Paschal de l'Estocart : deux coeurs aimants

L’ensemble vocal Ludus Modalis sert ces compositions somptueuses avec la passion de la conviction. Justesse des intonations, expressivité des voix, ces chanteurs captent et restituent la vie chaleureuse, émouvante et tendre qui émanent de ces pièces.

Classique - 4/2007 - AR 37288 - 1 CD - CHF 28.50

 

Simple Gifts - Britten, Copland, Barber, Tippett, Thompson

Une heure et douze minutes de bonheur, c’est ce qui vous attend à l’écoute de ce florilège de chefs-d’œuvre de la musique pour chœur du XXème siècle. De l’évidente simplicité des trois arrangements de folksongs par Britten, au sublime Agnus Dei de Barber (transcription de son adagio pour cordes), en passant par l’émotion des negro spirituals arrangés par Tippett, nous sommes constamment fascinés par ces compositions qui puisent leur inspiration dans les mélodies traditionnelles. L’interprétation du Chœur de la Radio de Berlin est au-dessus de toute éloge.

Classique - 2/2007 - AR 35964 - 1 CD/SACD - CHF 32.50

 

Mahler: symphonie n° 1 par David Zinman

S’il fallait encore prouver que David Zinman est l’un des plus grands chefs d’orchestre actuels, cette version de la 1ère symphonie de Mahler convaincra les plus sceptiques.

Classique - 1/2007 - épuisé (mais disponible avec l'intégrale) - 1 CD/SACD - CHF 0.00

 

L’âge d’or du cornet à bouquin – William Dongois

Instrument-roi entre 1580 et 1630, le cornet à bouquin rivalise avec le violon pour la virtuosité, avec le hautbois pour le raffinement de son timbre, avec la trompette pour son éclat et sa majesté.

Classique - 11/2006 - AR 34180 - 3 CD - CHF 37.00

 

Silvestrov, Pärt, Ustvolskaya : Misterioso

L’ambiance de ce disque est résolument fidèle au titre annoncé. Deux pièces de Silvestov, une d’Arvo Pärt et deux de Galina Ustvolskaya forment un ensemble très cohérent, avec des compositions oscillant entre un classicisme parfois ambigu, parfois hommage (Silvestrov), parfois minimalisme (Pärt), et des audaces nettement plus vibrantes (Ustvolskaya).

Classique - 9/2006 - AR 33031 - 1 CD - CHF 31.00

 

Shostakovich - Symphonie n° 13

Œuvre sur le souvenir (le massacre des Juifs à Babi Yar, longtemps niée par le régime communiste), sur la responsabilité, la 13ème symphonie de Shostakovich évoque également dans son dernier mouvement la position de l’artiste face aux pressions politiques. Courageusement, il affirme son choix de la sincérité et son refus du carriérisme.

Classique - 8/2006 - AR 32514 - 1 CD/SACD - CHF 30.00

 

Lacorcia - Musica vulcanica

La musique de Lacorcia (1590-1620) montre un pays chromatique merveilleux, avec ses explosions créatives, déversant leur lave sur le paysage musical, de sorte qu’une nouvelle vie surgit, une nouvelle musique, révolutionnaire, qui maintient quatre siècles plus tard encore le monde sous son charme, bref, une musique volcanique.

Classique - 5/2006 - AR 30656 - 1 CD - CHF 29.50

 

Chopin, Ravel : valses - Stephen Kovacevich

Un disque d’une rare élégance. Kovacevich économise les effets qui trop souvent boursouflent Chopin. On redécouvre ici la perfection d’une écriture. Point de langueur ni de pathos, juste la musique, et l’étincelle qui est la marque des grands musiciens. Même émerveillement devant les valses nobles et sentimentales de Ravel. Beaucoup d’attention et de lumière dans le jeu du pianiste. La délicatesse et le raffinement de ces pièces en ressort dans toute leur évidence.

Classique - 3/2006 - AR 30118 - 1 CD - CHF 21.50

 

Mozart : concertos pour violon 3-5 - Andrew Manze

Un joyau que ce disque ! Ces trois concertos de génie sont servis avec grande classe ! Ce qui frappe tout d’abord, c’est l’engagement du violon d’Andrew Manze. Privilégiant l’expressivité, il nous convie à un véritable petit opéra, en faisant ressortir la variété, inhabituelle pour cette forme musicale, des sentiments exprimés.

Classique - 1/2006 - AR 28952 - 1 CD/SACD - CHF 32.00

 

Minoret - à la venue de Noël

D’une naïveté toute juvénile, cette messe pour la nativité du collègue de Delalande, à Versailles, réveille en nous les odeurs des Noëls oubliés de l’enfance. Les voix fraîches et l’orgue bucolique de l’ensemble Aria Voce conviennent à merveille à cet enregistrement réjouissant. Simplement craquant.

Classique - 11/2005 - AR 27231 - 1 CD - CHF 19.50

 

Brahms : sonates pour violon - Capuçon et Angelich

Oubliez les versions impétueuses et dramatiques ! Les sonates pour violon de Brahms par Nicholas Angelich et Renaud Capuçon révèlent une sérénité et une luminosité inhabituelles dans ce répertoire. La complémentarité entre le piano délicat (mais intense) d’Angelich et le violon léger et acidulé de Capuçon nous révèle un duo de rêve, réalisant la rencontre entre le compositeur romantique allemand et l’interprétation française.

Classique - 9/2005 - AR 25994 - 1 CD - CHF 26.50

 

Passion anonyme 1534 - Chantres de la Sainte Chapelle

Une passion anonyme éditée à Paris en 1534, un ensemble vocal incandescent, une prise de son saisissante, voilà un disque qui nous surprend d’abord, nous emballe ensuite, et finalement devient le CD que l’on fait écouter à ses amis avec passion, et qui nourrit des débats pour toute la soirée. Pour leur premier enregistrement, les Chantres de la Sainte Chapelle ont fait très fort.

Classique - 4/2005 - AR 23478 - 1 CD - CHF 31.00

 

Grisey - les Espaces acoustiques

Pour les oreilles qui n’ont pas peur d’explorer des mondes nouveaux, l’expérience de ce disque recèle des surprises et des beautés envoûtantes et passionnantes. Constitués de six parties, les Espaces acoustiques débutent par une pièce pour alto solo, et chaque nouvelle partie élargit son « champ d’espace », la dernière pièce étant pour 4 cors et grand orchestre. « J’espère être parvenu ici à balbutier ce que je crois être la musique : une dialectique entre le délire et la forme. » (Gérard Grisey)

Classique - 3/2005 - Actuellement indisponible - 2 CD - CHF 45.00

 

Leon Fleisher : two hands

Ces dernières années, Leon Fleisher a été un peu oublié. Ce pianiste phénoménal, un des plus prometteurs de sa génération, a été victime d'une maladie rare, qui lui a paralysé la main droite. Après de nombreuses années d'une souffrance morale que l'on peut imaginer, Léon Fleisher est parvenu, à force de rééducation, par retrouver l'usage de ses deux mains, d'où le titre de cet album. Ce pianiste qui nous livre ici un répertoire très varié marque chaque pièce de sa profonde sensibilité. Il irradie du jeu de Fleisher une profondeur rare. Un disque indispensable.

Classique - 1/2005 - AR 21185 - 1 CD - CHF 13.00

 

Cancionero de Palacio – Capella de Ministrers

Ces chansons de la renaissance espagnole se parent, grâce à ces interprètes catalans, d’une richesse inattendue. Un instrumentarium flamboyant, des fragrances arabisantes, des rythmes syncopés et des langueurs irrésistibles. Définitivement somptueux.

Classique - 10/2004 - actuellement indisponible - 1 CD - CHF 0.00

 

Charles Koechlin – le docteur Fabricius

On comprend l’admiration que Debussy portait à Koechlin. En écoutant cette œuvre très expressive, aux timbres inouïs et aux harmonies subtiles, nous entrons dans un monde étrange et merveilleux, où percent des rayons de lumière au travers de brumes mystérieuses...

Classique - 9/2004 - AR 19166 - 1 CD - CHF 30.00

 

Charpentier - le Jugement dernier

Programme sombre que celui-ci, puisqu'il est question de la fin des temps. Plutôt que de se complaire dans la noirceur, Graham O'Reilly a choisi d'y voir la lumière, la renaissance, et les voix claires de son ensemble William Byrd brillent de tous les feux de l'espoir.

Classique - 6/2004 - AR 17746 - 1 CD - CHF 32.50

 

Shostakovich, Copland – trios avec piano

Une des meilleures formations de chambre actuelles, le trio Wanderer, s'attaque avec brio à trois pièces du répertoire du XXème siècle qui ne supportent pas la tiédeur. Le résultat est un disque flamboyant, intense et suave, parfois caressant, parfois vénéneux.

Classique - 5/2004 - AR 16666 - 1 CD - CHF 19.00

 

Pièces à deux piano - Chevallier et Immerseel

Deux pianistes complices et sensibles, un programme mélangeant des pièces connues et des découvertes, deux pianos Erard au son boisé et intime, tout cela nous donne un concert chaleureux, à déguster avec un bon thé et des petits gâteaux.

Classique - 2/2004 - AR 13059 - 1 CD - CHF 22.50

 

Cecilia Bartoli chante Salieri

Contrairement à l’image véhiculée par une certaine légende, Antonio Salieri était un musicien talentueux. Son plus gros défaut fut de vivre à la même époque que Mozart, dont le rayonnement posthume nous éblouit au point de nous cacher ses contemporains les plus séduisants. Grâce à la phénoménale Bartoli, voici l’occasion pour nous de le découvrir, servi de la plus brillante manière.

Classique - 12/2003 - AR 12585 - 1 CD - CHF 25.00

 


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